
Ils m’ont donné une mère pour que je vive : la genèse d’un roman de mémoire inspiré d’une histoire vraie
Précommandes le 15 juillet 2026 : Serena Davis présente, sous le nom Alexia Koskovaïa, un roman de mémoire inspiré d’une histoire vraie.
SORTIES LITTÉRAIRESMÉMOIRE, TRANSMISSION ET RÉCITS INSPIRÉS DU RÉEL



Il y a des livres que l’on décide d’écrire. Et puis il y a ceux qui semblent venir nous chercher.
Ils m’ont donné une mère pour que je vive appartient à cette seconde famille. Ce roman est né d’une rencontre. Une rencontre faite par hasard, dira-t-on. Mais plus j’avance dans l’écriture, plus je doute que le hasard existe vraiment.
À partir du 15 juillet 2026, les précommandes de ce roman seront ouvertes. J’ai une émotion particulière à l’annoncer, parce que ce livre occupe une place à part dans mon parcours d’autrice. Il est publié sous le nom d’Alexia Koskovaïa autrice, celui que j’ai choisi pour mes romans de mémoire, ces récits qui se tiennent au croisement de l’intime, de l’Histoire et de la transmission et mémoire familiale.
Une rencontre de dédicace qui a tout changé
Tout a commencé lors d’une séance de dédicace à Cultura Rambouillet.
Ce jour-là, j’étais là comme souvent : derrière une table, entourée de mes livres, à la fois exposée et disponible. Une dédicace, ce n’est jamais seulement un moment de vente. C’est un espace fragile où des lecteurs viennent parfois chercher un livre, parfois déposer une phrase.
Une lectrice est venue me voir. Nous avions un ami en commun. Elle était passée pour me rencontrer, découvrir mes livres, en acheter quelques-uns. Très vite, quelque chose s’est imposé entre nous : une confiance immédiate, une reconnaissance silencieuse.
Elle s’est mise à me parler de sa grand-mère. Et plus elle parlait, plus je sentais qu’il y avait là une histoire qui devait être écrite. Pas seulement racontée. Écrite. Portée. Transmise.
Je lui ai dit : « Cette histoire, il faut l’écrire. »
Elle m’a répondu : « Ma grand-mère ne veut pas. »
Alors j’ai souri, avec cette part de moi qui croit profondément que certains livres attendent seulement qu’on leur tende la main : « Je suis là pour ça. »
L’histoire que personne n’avait encore osé écrire
À ce moment-là, je suivais une formation de biographe auprès d’une structure qui accompagnait les écrivains publics. J’y apprenais beaucoup, mais je m’y retrouvais seulement en partie. La formation reposait sur une déontologie stricte, sur l’idée d’un effacement du biographe au profit du livre, comme si la personne qui reçoit une histoire devait disparaître derrière elle.
Je comprends cette exigence. Je la respecte. Mais elle n’a jamais entièrement correspondu à ma vision de l’écriture.
Pour moi, une histoire confiée n’est pas un objet que l’on transporte intact d’une main à une autre. C’est une rencontre. La personne qui raconte donne sa mémoire ; celle qui écrit donne son écoute, sa sensibilité, sa manière de faire résonner ce qui a été transmis.
Je pense souvent à Son nom sur le mur d’Hervé Le Tellier, un livre dans lequel l’auteur met aussi beaucoup de lui-même. Ce n’est pas un effacement. C’est une présence juste. Une manière d’assumer que l’écriture n’est jamais neutre, parce qu’elle naît d’un regard, d’une émotion, d’un lien.
C’est exactement cela que je voulais faire avec Ils m’ont donné une mère pour que je vive : ne pas confisquer une histoire, ne pas la lisser, ne pas la transformer en dossier froid, mais l’accueillir avec ce qu’elle provoquait en moi. Ce projet m’a aussi rappelé ce que je transmets à travers Guidécriture : écrire, ce n’est pas seulement mettre des mots sur une page. C’est comprendre ce que l’on porte et donner une forme à ce qui cherche une voix.
Dans les forêts du Morvan
J’ai rencontré celle qui deviendrait Rose dans le roman. Elle avait 91 ans à l’époque.
Je garde d’elle le souvenir d’une femme absolument formidable. Une de ces présences dont la force traverse chaque phrase. Elle portait en elle une histoire immense, faite de guerre et de peur, mais aussi de liens, de fidélité, de reconnaissance, d’amour donné malgré tout.
Je suis allée la voir dans le Morvan, puis j’ai rencontré d’autres familles de la région. Peu à peu, je suis entrée dans cette histoire comme on entre dans une maison longtemps fermée : avec respect, avec prudence, mais aussi avec cette émotion particulière que l’on ressent lorsque les murs semblent encore retenir les voix.
Et quelque chose d’inattendu s’est produit.
Je suis rentrée dans cette famille un peu comme dans une vraie famille. Moi qui n’ai jamais pu compter pleinement sur la mienne, j’ai redécouvert là des liens que je croyais parfois réservés aux autres. J’ai redécouvert l’amour familial, non pas comme une idée parfaite, mais comme une réalité complexe, traversée de silences, de contradictions, de blessures et de tendresse.
Cette immersion m’a reconnectée à ce que l’histoire familiale peut représenter pour chacun de nous : un socle, parfois fissuré, mais nécessaire pour comprendre d’où l’on vient. Elle m’a rappelé aussi le poids des non-dits, des absences et des secrets de famille.
Pierrette Pauchard, Juste parmi les Nations
Au cœur de ce récit se trouve Pierrette Pauchard.
Pierrette est la mère de cœur de Rose. Une femme qui avait accueilli un enfant de l’Assistance publique. Cet enfant était juif. Et pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que cacher un enfant juif pouvait coûter la vie, Pierrette l’a protégée.
Elle ne s’est pas contentée d’aimer. Elle a agi.
Pierrette Pauchard a été reconnue Juste parmi les Nations pour avoir sauvé cinq Juifs pendant la guerre et pour avoir fait passer des maquisards dans les forêts du Morvan. Il y a dans cette reconnaissance quelque chose de vertigineux, parce qu’elle dit à la fois l’ampleur du danger et la simplicité apparente du choix posé : protéger des vies.
Quand on écrit un roman sur la Seconde Guerre mondiale, le risque est parfois de regarder l’Histoire de trop loin. Mais ici, l’Histoire avait un visage. Une voix. Des lieux. Des descendants. Des silences encore vibrants.
Ce qui m’a touchée, c’est que cette histoire avait déjà sa propre histoire. Rose avait parcouru les lycées et les collèges de France pour témoigner. Elle avait parlé à des jeunes, encore et encore, afin que la mémoire ne devienne pas une formule vide. Afin que le mot courage reste attaché à des choix concrets, à des gestes réels, à des vies sauvées.
C’est pour cela que le roman comprend aussi un dossier historique. Je tenais à ce que les jeunes lecteurs puissent entrer dans le récit avec l’émotion du roman, mais aussi avec des repères. Comprendre à travers l’Histoire la force du courage.
Pourquoi ce livre, pourquoi maintenant
Si cette histoire m’a autant appelée, c’est parce qu’elle rejoint tout ce qui me traverse comme autrice.
La mémoire. La transmission. La famille, même lorsqu’elle manque. La résilience. Le courage de celles et ceux qui tiennent debout quand tout devrait les faire tomber. Et cette conviction intime qu’un livre peut devenir une main tendue vers le monde.
Ils m’ont donné une mère pour que je vive n’est pas seulement l’histoire d’une enfant juive cachée pendant la guerre. C’est aussi l’histoire d’une mère de cœur. L’histoire de ce que l’amour peut inventer lorsque les liens du sang ne suffisent pas, ou lorsqu’ils sont absents. C’est l’histoire d’une femme qui a reçu une mère pour vivre, et d’une autre qui a accepté de devenir cette mère au moment où il fallait choisir entre la prudence et l’humanité.
En l’écrivant sous le nom d’Alexia Koskovaïa, j’ai voulu inscrire ce roman dans l’univers de mes livres de mémoire. Un espace où les récits ne sont jamais seulement des récits, mais des passages. Des lieux où l’on vient déposer ce qui ne doit pas disparaître.
Je crois que certains livres arrivent au moment juste. Celui-ci arrive maintenant parce que nous avons plus que jamais besoin de transmission et de mémoire familiale. Nous avons besoin de nous souvenir que le courage n’est pas toujours spectaculaire. Parfois, il ressemble à une porte que l’on ouvre. À un enfant que l’on cache. À une parole que l’on ose enfin confier.
Le hasard existe-t-il vraiment ?
Je n’en suis pas certaine.
Je sais seulement que ce jour-là, à Cultura Rambouillet, une lectrice est venue vers moi. J’ai rencontré Rose. J’ai découvert Pierrette. Je suis entrée dans les forêts du Morvan, dans la force d’une mémoire qui demandait encore à être transmise.
Et de cette rencontre est né un livre.
Précommandes ouvertes le 15 juillet 2026
Les précommandes roman juillet 2026 de Ils m’ont donné une mère pour que je vive seront ouvertes à partir du 15 juillet 2026 sur serenadavis.fr.
J’espère que ce roman trouvera le chemin de celles et ceux qui aiment les histoires vraies, les romans de mémoire, les récits de transmission et les livres où l’Histoire rejoint l’intime. J’espère surtout qu’il portera la voix de celles et ceux qui ont eu le courage de protéger, de témoigner, de raconter.
Si vous avez envie de découvrir ce Serena Davis roman historique signé Alexia Koskovaïa, ce roman de résilience et de courage, je vous donne rendez-vous le 15 juillet 2026.
Parce qu’un roman peut parfois faire plus que raconter une vie. Il peut la prolonger. Il peut la transmettre. Il peut empêcher l’oubli de gagner.


